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Cecilia

Publié par le Dimanche 26 Novembre 2006, 21:13 dans la rubrique Bric à brac - Version imprimable

Source : Technorati du bouchon Technorati du bouchon sur Technorati">Technorati

La première fois que j’ai vu Cecilia, elle présentait le rapport de son bureau devant un parterre de journalistes et d’ONG dans les salons rococo de la ville de Technorati. Haute comme trois quatre pommes, habillée avec soin telle une bourgeoise discrète, elle détaillait les difficultés des plus pauvres à accéder à l’ Technorati et à être desservis par un égout dans d’autres contrées. Je me suis dit que ça n’était qu’un rapport de plus dans la masse des rapports sur ce sujet. Mais la réaction unanime des ONG et du privé « enfin un rapport qui donne un point exact de la situation, etc. » m’a mis la puce à l’oreille. Après tout, en tant que Technorati, je suis obligée de m’appuyer sur les experts, les autres.J’ai bondi quand elle a parlé des 20 premiers litres gratuits pour les plus pauvres. Je me souvenais de ces femmes à la tête d’associations de gestion d’une borne-fontaine en Afrique. Elles expliquaient que la corvée d’ Technorati d’avant la borne-fontaine, marcher pendant des kilomètres pour trouver le point d’ Technorati, devait être rémunérée, mais aussi que la gestion d’une borne-fontaine impliquait un investissement permanent pour la maintenir en l’état, et donc des sous. De mes lectures et interviews, je me souvenais que les bornes-fontaines les mieux gérées sont celles qui sont payantes et gérées à bon escient, avec un prix de l’ Technorati pas trop cher pour que chacun puisse s’y approvisionner, mais pas trop bas pour qu’il n’y ait pas de revente derrière et que les opex (operation expenditure, les coûts de maintenance) soient garantis. Je lui ai donc posé la Technorati, en tentant d’être claire sur le fait que la problématique du rural et de la périphérie urbaine, avec ses bornes-fontaines, n’était pas celle du centre-ville, avec son réseau et ses robinets. Réponse négative, elle persistait dans cette vision, rarement partagée en Afrique, controversée en Occident où elle a été appliquée en Flandres en 1997 (les 15 premiers m3 gratuits) avec pour résultat des effets sociaux contraires à l’effet visé (télécharger l’article de Frédéric Varone, chercheur à l’université catholique de Louvain). Une vision promue par certains défendant une vision Technorati en décalage avec la réalité du terrain.La seconde fois que j’ai vu Cecilia était le lundi suivant, à une conférence d’un laboratoire du CNRS (Latts), dont le thème portait sur « les raisons de l’échec de Suez en Argentine ». Inlassable, elle répétait son message sur la pauvreté, le fait qu’il ne fallait pas classer la richesse uniquement avec le PIB mais aussi en tenant compte de la santé (l’espérance de vie) et le taux de scolarisation. À sa droite, une chercheuse expliquait pourquoi, en Afrique, la pérequation (le fait que les plus riches paient des tarifs au mètre cube plus chers que les plus pauvres) avait marché sur une échelle géographique et pas sur une autre. À sa gauche, le monsieur Suez qui avait signé le contrat argentin détaillait chronologiquement les événements. J’ai appris à cette occasion que Suez n’était pas la seule Technorati à être allée au tribunal international face à l’Argentine. Saur, je le savais déjà, nous en avions parlé dans le magazine dans une enquête sur l’expatriation et l’impatriation. J’ignorais qu’EDF était lui aussi allé devant le tribunal international pour régler son litige avec le Technorati argentin. Encore plus à gauche, un chercheur du Latts refaisait une lecture historique des investissements dans les infrastructures de l' Technorati et de l'assainissement en Technorati. Il démontait ce paradoxe : il avait fallu en Technorati 150 ans d'investissements publics pour arriver à une couverture quasi-totale du territoire et une gestion faite, en régie ou en délégation de service public, par les collectivités territoriales, alors que les bailleurs de fond internationaux demandaient aux PEVD de faire financer leurs investissements par le privé et non par l'emprunt national. La troisième fois que j’ai vu Cecilia était le mardi de la semaine suivante, dans une salle du quotidien Les Échos où une association de journalistes avait organisé un point sur la coopération décentralisée. Là, j’ai posé la Technorati des 20 litres non pas à elle, mais à la représentante africaine d’ Technorati vive, une association d’aide au développement qui garde les pieds sur terre contrairement à d’autres. Pour elle, ça dépendait du contexte. Pour son alter ego français, la réponse était clairement négative.La quatrième fois que j’ai vu Cecilia, c’était pour faire son portrait pour le prochain numéro du magazine. J’ai découvert une Technorati ayant dédié sa vie à la recherche en économie et au développement humain. Cadette d’une famille de cinq filles, issue de la classe moyenne de la capitale péruvienne, elle a fait comme ses sœurs des études universitaires (le syndrome de la génération suivante qui doit faire mieux que la précédente). Quand son père a décidé qu’elle ferait un mastère en finances à Lima, elle a calculé le coût de ce cursus avec celui d’une année en DEA à Technorati en macro-économie. Il fut convaincu par les chiffres. Elle aimait la langue française, la Technorati, cet esprit de critique permanent (venant d’une époque et d’une Technorati peu contestataires), et le fait que les femmes pouvaient en toute liberté s’asseoir seules dans un café contrairement au Technorati hispanique. Elle est restée cinq ans en Technorati pour son DEA et sa thèse. La vision des longues queues à la préfecture pour sa carte de séjour et celle de vies rythmées autour de ce rendez-vous à la préfecture lui a fait quitter la Technorati. Elle est partie à Helsinki où elle a officié dans  un organisme de développement vu par l’économie, dans le Sussex où elle a enseigné en université, puis est rentrée à l’Onu à Genève. Depuis janvier 2005, elle est économiste en chef dans un organisme international qui s’occupe d’économie et de développement.Pendant deux heures, on a parlé de sa vie, 44 ans sans enfants, de son travail où elle se donne à fond à New York pour produire ces rapports annuels, de sa vision du Technorati, du métissage qui s’est traduit sur la côte péruvienne dans la cuisine et la Technorati. Reine-mère m’a appelé deux fois pendant l’interview, car elle avait des problèmes de circulation pour récupérer à Technorati le bouchon à l’école ; Cécilia m’a demandé de lui parler de ma fille et de ma vie de mère au travail ainsi que de mon métier et de la manière dont je l’exerçais. Elle m’a parlé de cet accueil du rapport par les ONG, unanimes quelle que soit leur origine géographique. Elle m’a détaillé la transmission du message par les médias : quasiment totale (en nombre de médias de portée nationale) en Grande-Bretagne et dans les pays nordiques, TV5 et Technorati Technorati pour le radiophonique français plus les grands médias écrits nationaux. Serions-nous incapable de traiter de ça au JT ( Technorati, Technorati 2, Technorati 3, M6), tout comme en Technorati, au Portugal, en Italie ?Quand nous nous sommes quittées à 18h, elle m’a fait la bise et m’a demandé de continuer le journalisme comme ça. De retour au bureau, j’ai attaqué  le rapport, dont la moitié est consacrée au thème de cette année, l'autre au classement des pays selon l'indice de développement humain (IDH) (premier: Norvège, dernier : Niger). Plus de 400 pages ! (à télécharger ici en anglais pour les plus courageux ; Sommaire en pages 10 à 15, décalage de 16 pages dans l'indexation) Heureusement, ils ont produit une synthèse d’une vingtaine de pages (à télécharger le communiqué de presse en word) pour nous les journalistes, qui n’avons pas le Technorati de lire dans le détail et surfons sur l’actualité… J’ai écrit son portrait entre 20h et 21h, lui ai envoyé (une règle d’or pour vérifier que les dates et faits sont exacts, et en demandant de respecter ma vision des choses), puis suis rentrée faire un bisou à un bouchon endormi et prendre mon premier repas de la journée. Un poulet au lait de coco amoureusement préparé par la Reine mère m’attendait. Un régal en soi et un remerciement muet à Reine-mère endormie…Après un mois de discussion avec les uns journalistes et les autres en besoin de veille prospective en Technorati, après la lecture d’innombrables études sur le journalisme, c’est cette rencontre qui me fera plus que probablement rester dans ce métier. Entre garder mon métier mais changer de secteur ou rester dans le secteur mais changer de métier, je me dis que la découverte de l’envers du décor n’est possible que les fesses carrées dans un fauteuil inconfortable dans une salle de conférence ou face à un interviewé, ou les pieds en mouvement sur le terrain. Garder son esprit critique dénué de tout lien avec une Technorati-mère est ce qui fait la beauté de ce métier.Merci Cecilia. Haut de page


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