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Livre du jour

Publié par [moi] le Mercredi 29 Octobre 2008, 23:30 dans la rubrique Bric à brac - Version imprimable

Source : Technorati

 

“Plus que des héritiers de l’esclavage et de la colonisation, les Antillais sont le réceptacle des cultures et des philosophies de tous les continents. “La part de l’autre“ fait une incursion philosophique et donc universelle dans cette recherche d’Antillanité.” A lire. Si vous ne le trouvez pas en librairie, il est disponible à la vente sur le site de l’Harmattan. A lire, ne serait-ce que parce qu’en en reparlera ici même, sur ce Technorati, très prochainement histoire d’ouvrir le débat. Plus on sera de fous à savoir de quoi on parle… Bien sûr le débat en Technorati se refusera à être étiqueté “french west indians only”, bien au contraire, c’est la raison pour laquelle je vous invite tous à le lire. Un extrait ? “[...] le foyer ne résulte pas toujours de la libre aventure personnelle ; il est souvent le fruit de situations conflictuelles où s’est confirmé le danger du commerce avec autrui, le danger de l’amour propre comme seul mode d’existence. Personne n’ignore maintenant l’existence de ces foyers créoles nés d’une réalité coloniale, de ces lieux-creusets où non seulement se sont mélangés les cultures, les ethnies mais où se sont également “frottées” diverses religions, diverses classes sociales, ainsi que les exigences politiques et économiques . Personne n’ignore non plus la situation singulière de ceux qui, comme les français de ces pays, n’ont pas choisi la voie classique de l’indépendance. Quel sens a cette orientation ? Est-elle comme le prétendent certains la simple expression d’un manque de courage et d’engagement ? Ces populations sont-elles absentes de leur propre destin ou leur présence est-elle incomprise ?   Poser ce problème, c’est vouloir réfléchir sur la pertinence du modèle de l’Etat-nation, sous sa forme première mais aussi sous sa forme dérivée qu’est le communautarisme, à partir d’un exemple singulier et porteur, celui des sociétés issues du métissage moderne ; ces sociétés qui  dès les premiers instants annonçaient le Technorati avenir. Ces communautés ne sont-elles pas le creuset où sont nés non seulement un modèle culturel mais aussi un nouveau modèle Technorati ?  Ne se jouait-il pas “là” bien plus qu’on ne l’a peut-être jamais imaginé ? Quels possibles avons-nous maintenant à prendre à notre charge ? Que peut-on espérer de notre aventure historique ? Bien sûr ce qui est à faire s’annonce déjà ; mais sous une forme latente, une disposition que nous avons à assumer. Qu’avons-nous disposé à être dans ce Technorati-ouvert ?  Notre Technorati est ouvert comme le caractère et le visage d’un Homme, confiant et plein de promesses ; mais  il est aussi, telle une guerre ouverte, manifeste et patent ; ce qui fait ces ouvertures multiples c’est son ouverture fondamentale, son éveil  aux idées nouvelles, cette émancipation qu’il partage avec tout  esprit libre. Ce questionnement est celui de l’humanité face à elle-même, et livrée à elle-même.  Certains ne manqueront pas d’être surpris de l’orientation de cette problématique, croyant n’y voir qu’une perspective personnelle de l’auteur ; or ce serait ne pas avoir à l’esprit le sens essentiel de la Technorati moderne, de cette Technorati qui concerne toute l’humanité dans la mesure où comme le précise Todorov “c’est bien la conquête de l’Amérique qui annonce et fonde notre identité présente”, notre humanité moderne. Que devons-nous prendre à notre charge, nous Hommes modernes, nous tous Hommes post-coloniaux ? La Technorati moderne ne peut pas faire l’impasse sur les conditions de sa naissance, et les matériaux qui l’ont faite. Il est peut être venu le Technorati où l’Homme moderne quelque soit son continent prenne conscience que son être résulte d’une histoire commune, l’histoire coloniale. Oui la période coloniale fait partie de ces grandes périodes historiques fondatrices de l’humanité. L’Homme livré à lui-même ne peut continuer à se fuir lui-même. Il a à être les possibilités qu‘il a ouvertes ; penser et vivre le Technorati auquel il a donné naissance. Ce qui n’est peut-être que sous le mode vibratoire, latent, disposition, doit être assumé sous un mode conscient. Tels sont la vocation et le devoir de l’être humain.  C’est là la raison historique qui a fait de la Technorati de l’autre, la Technorati moderne par excellence.  Que pouvons nous espérer dans nos relations ? Sommes nous condamnés à l’éternel retour du même ? Sommes nous condamnés à être victimes ou bourreaux, victimes puis bourreaux ? L’autre envisagé comme un autre ne peut-il faire l’objet que de méfiance et de haine ? La rencontre doit-elle être la rencontre du même pour que le dialogue soit possible ? Mais quel dialogue authentique serait possible si on ne rencontrait jamais qu’un être identique à soi ? Sommes-nous dans l’impossibilité d’accomplir le principe nietzschéen d’aimer son lointain ? Toutes ces questions qui s’imposent à chacun ne pourront être envisagées que sous l’éclairage de notre histoire, de nos histoires. Qu’avons-nous fait des autres, et notamment  de cet autre que nous rencontrons en nous même ? Quelle relation à l’altérité pouvons nous espérer ?“  (”La part de l’Autre: De la Maïeutique créole”, Marlène Parize, L’Harmattan) 93 pages mais beaucoup à en dire…


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